Charles Houdremont

j’ai 44 ans et suis le père de deux petites filles de 7 et 10 ans, trois HCP.  Autour de moi, presque exclusivement des personnalités atypiques. C’est donc un sujet qui me touche de près. Étant enfant, j’ai éprouvé du malaise dans tellement de situations, et avec tant de personnes, que j'en avais conclu que cette souffrance était la mienne et était inévitable. Je me suis toujours senti « en décalage ». J'étais un enfant qu'on peut qualifier d’hypersensible. Je ressentais une dissonance perpétuelle entre ce que les gens me disaient et ce que je ressentais. Après des humanités scientifiques, j’ai étudié la psychosociologie appliquée à la communication sociale et la tabacologie.

Toutefois, je suis toujours resté perplexe face aux théories qui m’ont été enseignées. Comme si un autre niveau de réalité existait au-delà de ce que nous observons dans nos échanges avec les autres. Les hypothèses et présupposés des sciences sociales m'emplissaient d'un sentiment d'impuissance désespérant. Je restais dans une tempête émotionnelle permanente. J’étais habité d’une colère et d’une révolte inépuisable que seul un volume de sport conséquent réussissait à canaliser.

L’esprit humain est une prison. Chacune des sciences sociales décrit avec minutie chacune des pierres et chaque barreau de la prison… mais aucune n’explique comment faire pour en sortir.

 

Dix années au service de l'industrie du médicament m'ont permis de m'enfoncer au cœur de mon marasme et de ma révolte intérieure. J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec les milliers de médecins de tous bords et d'entendre tout ce qu'ils avaient sur le cœur et surtout… de ressentir tout ce qu'ils ne disent jamais : leur désarroi, leur fatigue, leur impuissance et leur résignation face au nombre croissant des pathologies somatiques incurables.

 

Ces idéalistes qui avaient, pour la plupart, fait des études pour pouvoir aider leurs prochains se retrouvaient, comme moi, à réduire leur vie à un travail vide de sens et à une série de distractions sans réel intérêt... le chemin parfait pour le burn-out.

 

Cette dépression par épuisement psychologique et par manque de sens m'a amené à consulter plusieurs psychologues et psychiatres. Leur constat était plutôt clair et simple à l’époque : je n’avais aucun problème. Mes analyses de mon environnement, de moi-même, de mes pairs et de nos interactions leur donnaient à penser que, dans le fond, je n'avais aucun problème majeur. J’étais juste fatigué et stressé.

 

Pourtant, de mon côté, le mal-être était prégnant et allait bien au-delà de leur diagnostic. Je ne me suis senti ni entendu, ni compris, ni reçu et pour cause : ma souffrance était d'un autre ordre. Plus spirituelle, plus métaphysique que purement psychologique et affective.

C’est en lisant un livre sur les enfants surdoués que j’ai compris que mes difficultés étaient ailleurs : si je ne fonctionnais pas exactement comme tout le monde, je n'en dysfonctionnais pas pour autant.

 

A la quête de je ne sais quoi, je me suis alors ouvert à plusieurs courants spirituels. Le soufisme, le bouddhisme, le taoïsme, le new âge, l’hindouisme, les mystiques chrétiens, la cabale, la vulgarisation scientifique, la physique quantique ...m'ont tous permis de me façonner un autre regard sur l’existence et de redonner une vraie quête à ma vie : sortir de cette prison de l'esprit et de cet océan de souffrance que les bouddhistes nomment Samsara.

 

Un jour, lors d'une discussion avec un soufi, celui-ci a balayé toutes mes questions à propos de l'islam d'un revers de la main. « On s'en fout de toutes ces questions qui embrument ton esprit. QU'EST-CE QUE TU SENS ? Lorsque tu invoques, lorsque tu médites, lorsque tu marches en forêt, QU'EST-CE QUE TU SENS ? » m'a-t-il dit.

C'est vrai, on fond, qu'est-ce que je sens ?

Tout est parti de là. Les partenaires d’évolution que j’ai rencontrés par la suite m’ont tous poussé plus loin dans l’élaboration d’une autre lecture de la réalité et du psychisme.

Je me suis donc consacré au démontage systématique des innombrables pierres et barreaux de la prison de mon esprit. Avec l’aide d’autres atypiques, j’en ai finalement conçu une méthode qui fait entrer en symbiose les spiritualités, l’esprit scientifique, la psychologie, la physique quantique, la physique vibratoire et l'écologie.

 

A la lumière d’une lecture bioénergétique de la réalité, tous les ressentis « étranges » de ma vie ont trouvé une explication rationnelle et cohérente. Ma sensibilité n'était pas une pathologie, mais la capacité de décoder les phénomènes énergétiques, et de ressentir, avec une véritable empathie, les émotions d’autrui.

 

La rencontre avec Martine Cramazou a été pour moi un tournant décisif dans ma vie. Les techniques que j’utilisais jusque-là pour m’apaiser, me retrouver et gérer mes émotions ont pris une toute autre ampleur et sont devenues une méthode à part entière.

C’est donc sur base d’une expérience personnelle et d’interactions avec d’autres thérapeutes HCP que nous avons construit ce système de pensée en perpétuelle évolution qu’est l’Homnéologie. Je l’utilise à présent pour aider les HCP à sortir de leur marasme et pour les aider à se trouver.